Aux pieds de Lana

Lana a croisé ses jambes et balance nonchalamment son pied au niveau de mon ventre. Je suis agenouillé à ses pieds, presque nu, les mains menottées dans le dos. Tête basse. Mes joues sont encore échauffées par les gifles qu’elle m’a données, mes tétons me brûlent tant elles les a pincés et tordus cruellement. Pour m’apprendre à ne pas parler sans qu’elle m’en ait donné l’autorisation.

Je regarde donc son escarpin dont la pointe revient régulièrement frôler mon nombril, au gré du balancement de son pied. Que va-t-elle faire de moi ?
Après un long moment de silence, Lana décroise ses jambes et cale le talon de sa chaussure au dessus de la saillie de ma clavicule. Je choisis de ne pas protester malgré la douleur et la laisse poursuivre à sa guise. Après s’être assurée que sa chaussure est bien en appui, elle cambre son pied et se déchausse d’un mouvement souple. Cette fois, le talon glisse sur ma peau que la pression a fait rouler sur l’os arrondi et m’érafle durement. La chaussure tombe et rebondit sur ma cuisse, tandis que le pied nu et moite de Lana vient se poser sur mon épaule. Je réprime l’envie de jeter un regard furtif de côté et déjà, son autre pied repose à son tour, nu lui aussi, sur ma cuisse.

Je reste ainsi, tête basse, immobile, détaillant avec convoitise le pied nu que Lana offre à mon regard. Un pied conquérant et racé, ferme et gracieux. Un pied dont les orteils joliment proportionnés impriment leur marque dans ma chair. La transpiration a fait déteindre sur eux le cuir de la chaussure et je peux aussi voir des petites traces rouges d’échauffement, ce qui est normal en fin de journée. Ses ongles sont jolis, un peu longs. Ils ont parfois accumulé par endroits des particules de cuir noir ou peut-être de la poussière, mais je m’en moque. Je les trouve beaux, vigoureux. J’espère à cet instant que Lana m’autorisera à les nettoyer pour elle, qu’elle voudra bien que je m’occupe du confort et de la beauté de ses pieds.

Lana remue ses orteils sur ma cuisse, sur mon épaule et soupire d’aise. Confortablement adossée dans le profond canapé, elle étire les muscles de sa jambe en appui contre mon épaule pour se détendre. Puis son pied glisse vers mon cou. Ses orteils caressent un instant ma mâchoire. Du bout du pied, elle me fait lever les yeux vers elle en soulevant mon menton. Elle avance enfin délicatement ses orteils jusqu’à ce que ses ongles s’enfoncent dans ma lèvre supérieure et la retroussent légèrement. L’odeur de son pied est forte, presque enivrante. Je la respire craintivement, sans oser montrer mon désir.

« Tu as envie de me lécher les pieds ? »
Elle me regarde avec un sourire étrange.
« Je suis sûre que oui… »
Je baisse les yeux humblement pour signifier mon désir, puis, timidement, j’entrouvre la bouche et je sors ma langue pour caresser la peau délicate du pied de Lana. Curieusement, elle recule son pied légèrement, m’empêchant de l’atteindre. J’avance un peu la tête, en équilibre précaire sur les genoux. Mes poignets toujours attachés me font mal. Elle recule son pied de nouveau. Je tends encore plus le cou, puis la langue, manque de tomber en tentant de donner ne serait-ce qu’un fugace coup de langue, mais vive comme un éclair, Lana plaque ses deux pieds sur le dessus de mes épaules et me fait m’écrouler face contre terre…

On dirait que je suis prosterné à présent. Je me suis vraiment fait mal en heurtant le sol, même si j’ai eu le temps de tourner la tête. Je suis toujours agenouillé, mais dans une position inconfortable. Lana a posé un pied sur mon dos et la pression qu’elle imprime me fait mal. Son autre pied m’écrase la tête. Et plus rien ne se passe.

Lana m’a utilisé comme repose-pied pendant un temps qui m’a paru une éternité. Le silence était seulement troublé, de temps à autre, par le bruissement des pages du magazine qu’elle lisait. On n’imagine pas à quel point on peut souffrir, immobile, ainsi tapi sous les pieds d’une femme. Le poids de sa jambe sur mon dos m’épuisait, d’autant que ma position me contraignait à contracter mes muscles, mettant ma résistance physique à dure épreuve. La joue plaquée contre le sol, j’ai cru que ma tête finirait par éclater sous la pression du pied de Lana. Son talon finissait par me broyer la tempe, je n’arrivais même plus à apprécier le contact de son pied chaud en appui sur ma joue. Je ne connaissais que de fugitifs instants de répit, lorsqu’elle changeait légèrement la position de ses pieds sur moi, soulageant la zone endolorie sur laquelle ses pieds avaient reposé.

Lorsqu’elle a enfin fait cesser mon supplice, j’avais des vertiges et je me sentais vidé de toute énergie. Les crampes que je ressentais dans les bras et dans les cuisses m’interdisaient tout mouvement brusque. Quant à mon dos, il n’était plus que courbatures…

Il paraît que je dois apprendre à souffrir pour son plaisir, sans me préoccuper de mes propres envies. Je suis en phase de probation m’a-t-elle expliqué. Il y a encore peu de temps, elle se demandait à quoi un homme pourrait bien lui être utile. Intriguée par l’annonce que j’avais publiée dans un site de rencontres sur Internet et qu’elle avait découverte un peu par hasard, elle avoue que ma passion pour les pieds féminins pourrait parfaitement s’accorder avec son envie ancienne de posséder un paillasson humain.

Elle m’a piétiné longuement, sans jamais me détacher. Pieds nus le plus souvent, mais aussi chaussée. Elle semble particulièrement apprécier de me marcher sur le visage ou de m’étrangler en pressant un pied en travers de ma gorge. Après ce traitement, j’ai gardé une voix enrouée pendant deux jours ! Je n’ai pas eu le droit de lui lécher les pieds, comme j’en avais tellement envie « ce sera ma récompense si je suis bien sage ». Mais elle m’a forcé à sentir ses pieds jusqu’à l’ivresse. J’ai pu aussi embrasser la plante de ses pieds quand elle se tenait debout sur moi ou qu’elle piétinait mon visage . Pour finir cette étrange soirée, elle m’a retiré mes menottes et m’a accordé le privilège de me faire écraser les mains sous de magnifiques sandales à lanières dorées qu’elle avait chaussées pour l’occasion. Elle a pris un plaisir tout particulier à m’écraser les doigts en portant dessus tout son poids et en imprimant un mouvement de rotation à son pied comme si elle voulait les réduire en poussière. Je devais la remercier, lui dire à quel point je la trouvais belle en dépit de la souffrance qu’elle me faisait subir et baiser le pied qui me broyait la main.

Elle m’a laissé physiquement éprouvé et meurtri, en proie au sentiment bizarre d’avoir été utilisé comme un simple objet. Etrangement, je l’admire pour cela. Je lui suis reconnaissant d’avoir su m’imposer sa volonté et de ne pas avoir éprouvé le moindre remords à s’être servie de moi pour son seul plaisir. Les femmes comme elle me fascinent. Je revois son sourire gourmand lorsqu’elle m’a dit, les yeux brillants, que la prochaine fois, elle danserait sur moi. Je sais qu’elle me fera encore souffrir et que je n’obtiendrai peut-être rien d’autre que de nouvelles meurtrissures. Je m’offrirai pourtant encore à elle pour qu’elle me foule aux pieds. Chaque fois qu’elle le voudra. Autant qu’elle le voudra.

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